Communiqué d’Alain Darnoncour du 20 mars 2020 avec des propositions simples et concrètes

Alain Darnoncour, président de la CPME Nord

Entrepreneur dans l’âme, je suis un optimiste de nature. Mais aujourd’hui, en regardant mes opérations sur mon compte en banque, mon optimisme a disparu ! L’Etat me l’a pris alors que je pensais qu’il serait mon protecteur durant cette crise brutale, inédite, invisible…

Comme Beaucoup d’entre vous, vous m’avez téléphoné pour m’informer que vous avez été prélevés de l’URSAFF, alors que vous avez aussi fait une demande de report

Les entrepreneurs, que je représente, au nom de la CPME NORD, du Club Tourcoing Entreprendre déploient un enthousiasme et une énergie folle chaque jour pour créer de la valeur et des emplois.

Aujourd’hui, ils déploient cette force pour survivre. Pour continuer à vivre.

Cette crise, inédite et inattendue dans un pays développé comme le nôtre au XXIème siècle, frappe toute notre économie française.
J’ai écouté les annonces de l’Etat. J’ai d’abord été rassuré par ces mesures massives. Des milliards d’euros pour l’économie ont été annoncés. 300 Milliards de couverture de prêts, un paquet supplémentaire de 45 M€, le chômage partiel pris en charge à 100%, le report de l’URSSAF, un fonds de solidarité…

Mais les promesses ne durent pas quand elles ne s’encrent pas dans la réalité du quotidien.

Dans ce pays, on ne sait rien faire simplement. A hauteur d’individu. Et non des plans sur la comète par des individus sur diplômés. J’ai le sentiment que L’Etat ne fait pas confiance en ses entrepreneurs. Triste dans cette période où la confiance, le civisme, la solidarité et l’entraide devraient être notre socle commun.

Aujourd’hui, l’infrastructure administrative montre ses failles criantes.

Une infrastructure technocratique incapable d’agilité et d’assouplir ses dispositifs.

Elle n’est pas configurée pour une situation de guerre économique.

– Le chômage partiel : bug informatique lundi. Problème de connexion. Arrivée tardive des codes. Quand on peut créer notre dossier, il n’est pas possible de déclarer du chômage partiel à 100% car le décret du gouvernement n’est pas encore paru au Journal Officiel. On doit refaire une demande à 70%. On ne sait pas si la régularisation sera automatiquement faite. Ou bien s’il faudra faire un nouveau dossier.

o Désormais, depuis 48 heures, l’Etat explique à certains secteurs que le chômage partiel ce n’est pas pour eux. La Ministre du Travail a insulté nos confrères du bâtiment. Elle fait de même avec les secteurs du service aux entreprises (conseil, avocat, expert-comptable…)

Illusion perdue !? A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.


PROPOSITION concrète et simple :
Préfinancement du chômage partiel à 100% par les banques. Pour garantir les banques, l’Etat pourrait prendre un décret d’urgence en conseil des Ministres afin de placer sous protection l’ensemble des entreprises qui solliciteraient le nouveau dispositif de chômage partiel à 100%. Cela évitera ainsi des interprétations


L’URSSAF : les demandes de report ne sont respectées. Les entreprises ont été prélevées voir même deux fois cette semaine malgré les demandes de report alors que ces fonds devaient servir pour les TPE et PME au paiement des salaires de mars. Encore une illusion perdue !?


PROPOSITION concrète et simple : suspension des prélèvements de dettes fiscales et sociales le temps de la crise par tous les organismes.


– L’accès au crédit et le gel des prêts :
– Beaucoup de promesses des dirigeants du monde bancaire pour geler les prêts et octroyer du crédit de trésorerie couvert à 90% par la BPI !
Là encore, la réalité des dirigeants est bien différente. Quand on appelle son conseiller pour demander le gel des crédits en court (Moyen terme, crédits-baux…), on nous répond qu’on va nous mettre en incident de  paiement auprès de la Banque de France si l’échéance n’est pas payée.
Illusion perdue !?


PROPOSITION simple et concrète :
Suspension des réseaux bancaires pendant 6 mois de l’ensemble des prêts bancaires comme l’a fait la BPI en début de semaine. Merci la BPI Suspension des cotations d’entreprises par la banque de France et des assureurs crédit


La perte d’exploitation des entreprises va être considérable en 2020. Le chiffre d’affaires perdu ne se retrouvera pas. Seuls les rêveurs ou les penseurs éloignés de nos réalités peuvent encore y croire. Le pays est à l’arrêt et les assurances couvrent actuellement des risques sur lesquels ils gagnent beaucoup d’argent (moins de déplacement, les gens à la maison…). Comme vous le savez dans les contrats perte d’exploitation, le risque épidémique est exclu.il Faut reconnaître que les analystes chez les assureurs ont eu le nez creux ou alors ils ont su traduire Nostradamus Les dirigeants paient finalement tout le temps pour au final de pas être protégé quand le moment survient.
Illusion perdue !?


PROPOSITION simple et concrète : Pour permettre le rebond en sortie de crise des acteurs économiques, mener une réflexion pour reconnaître cette situation en catastrophe sanitaire sur le même principe que l’état de catastrophe naturel. Et surtout vérifier que le risque sanitaire puisse déclencher les assurances perte d’exploitation


Toutes ces mesures ne sont pas difficiles à mettre en œuvre. Il suffit que le gouvernement décide de ces mesures en conseil des Ministres pour protéger son économie.

En période de guerre, comme l’a dit le Président de la République, il faut prendre des mesures d’exception. Et que les hommes et les femmes d’Etat deviennent des personnes exceptionnelles.

J’adresse cette note à notre Ministre des entreprises, du commerce et de l’industrie mais il ne l’a recevra pas car nous n’avons pas de Ministre…

Alain DARNONCOUR
Président

Synergie Park II- 20 rue Louis Neel
59260 LEZENNES
tél. 03 28 38 01 60 – mob. 06 51 40 48 81
president@cpmenord.fr – www.cpmenord.fr

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